« Ode au marque-page », ou « Dialogue pour Ninon et Jeannette amoureuses ».

Publié le par Adora

Subtil rai pénétrant l’entre-page

Brin d’herbe, carton, feuille humide - décomposition – marque.

Moi je m’en souviens, de ma page.

Faux.

Lorsque le numéro 116 s’efface du poignet transpirant – adolescent - ,

tu ne peux plus t’en souvenir.

Marqueur noir – tache violette.

C’est foncé, maman pensera suçon.

Faux.

Pas sur les poignets ! Pire. Veines. Bleu, rouge.

Maman aime le bleu.

Moi j’aime le rouge.

Bleu veines.

Rouge sang.

Tube protecteur – mort / Liquide écarlate – vivant.

Le papier ça coupe. Le papier coupe. Coupe-toi pour voir.

Cap’ ou pas cap’ ?

Je peux tenir deux minutes dix sans respirer.

Moi je transperce ma main avec un crayon à papier.

Même pas mal.

Je te trancherai la tête avec cette feuille de papier.

Gare à toi.

Feuillet Proust ou Mallarmé ?

-Pas ma tasse de thé.

Bien.

Rends-moi ça.

Tire-toi.

Arrête.

Bouge pas.

Poignet. Donne-moi ta main.

Toi et moi, nous ne sommes qu’une ébauche.

Une ébauche mi-scénarisée ; mi-molette de la main du créateur.

Ou de son poignet.

Plutôt.

Ninon, tu as de jolis poignets.

Jeannette, je suis amoureuse de toi.

Coupe-moi / Casse-toi.

Où est le marque-page ?

Tombé, tombé, voilà, c’est ta faute.

Maintenant l’histoire n’a plus de sens, c’est le début de la fin.

Ninon j’aime cette expression. Comme si la fin débutait.

Le début finit, alors ?

Oui. Enfin ça dépend.

De quoi ? De l’heure.

Maman m’attend.

Va t’en.

 

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