Hypocondrie des sentiments

Publié le par Adora

Je fais un détour : pour rester dans le soleil.

 

Une pensée vient :

Nous n’aurions pas les mêmes mots pour décrire l’ombre.

 

C'est pourtant la même, pour toi. Pour moi.

Parce que les yeux fermés c'est dans la même mer qu'on s'endort. Je crois.

 

La même ombre, pourtant, celle qui à tâtons se transforme en arc-en-ciel. 

Spectre fantaisiste qui n'est plus le même quand il s'agit de dire : "indigo".

 

Je reviens dans le soleil et dis à V., puis à N., de se taire.

 

"Vous m'emmerdez".

 

Toi aussi le vent. Qui ne fais pas comme je.

 

 

Je me demande si.

Je ne suis pas cela.

Mais une seconde plus tard il se trouve que nous traversons la rivière.

Et un terrible, un épouvantable rayon de soleil comme il n'en font que dans les usines s'abat sur le char. Qui traverse la rivière. Le char qui traverse la rivière.

et tiens, ce qu'il est joli ce rayon-ci. On ne peut plus dire "jaune" ou il rejoindra la mer.

 

Et même si la certitude est là que nous irons à la pêche, toi et moi regarder ce jaune-ça depuis la plage,

 

je te serre des yeux pour que tu ne partes pas.

 

Parce que les certitudes sont emmerdées par le vent.

 

 

 

 

Commenter cet article